J'ai voulu acheter une crème de jour de chez l'Occitane avec de l'écran solaire dedans. Parce qu'apparemment, je vais passer mon été à bosser chez moi. J'ai l'air de me plaindre comme ça, mais en fait, je trouve ça bien. On bosse sur un chouette projet en plus, un jeu auquel de vrais gens vont jouer, et pas un jeu obscur sorti sur téléphone portable. C'est plutôt trop de la balle.
Donc pendant que Sébastien ira en Suisse faire le zouave dans la montagne, ou dans le Cantal faire le zouave dans la vallée de Mandailles, moi je serai à la maison à crever de chaud (il a fait 22° aujourd'hui, on a cru mourir) et à me tuer au travail. J'exagère ? A peine. A peine !!
Il se passe beaucoup de choses qui me font réfléchir ces derniers temps. La mort de Michael Jackson et le sentiment que les médias en font trop, beaucoup trop, mais me dire aussi que ce n'est pas seulement un homme célèbre qui est mort... Michael Jackson n'était pas une de mes idôles, même si j'aimais énormément certaines de ces chansons et que je l'admirais en tant que danseur. Les gens ne se sont pas attachés à l'artiste qu'il était mais à ce qu'il représentait. A une partie de sa jeunesse, de sa vie. Je n'oublierai jamais les larmes que mon père a versé lorsque George Brassens est mort. Il ne le connaissait pas, pas plus que les gens connaissaient Michael Jackson, mais ses chansons et son oeuvre avaient symbolisé une partie de sa vie d'homme. Et lorsqu'il est mort, c'est comme une page qu'il a fallu tourner.
Je pense que je ressentirai la même chose lorsque Juliette mourra, ou Thom Yorke, ou Tom Waits, ou Nick Cave... Ou même Mylène Farmer tenez. J'ai été longtemps fan de Mylène Farmer, et lorsqu'elle mourra, je sais que je serai beaucoup plus triste que je ne le voudrai. Je ne m'attendais pas à être touchée par la mort de Michael Jackson mais en vérité, je l'ai été, un petit peu. Avant que les journalistes de France Inter me cassent les pieds. C'est dans ces moments-là que je suis contente de ne pas avoir de télé (je me répète encore).
Il y a aussi ce débat, ou cette absence de débat, sur le port de la burka en France. On pourrait croire qu'en tant que féministe, je sois pour l'interdiction de la burka, mais en vérité, j'ai beaucoup plus de retenue que la plupart de ces politiciens qui se prennent pour des défenseurs des droits des femmes. Je n'aime pas l'idée d'obliger les femmes à se couvrir, mais je n'aime guère l'idée de les obliger à ne pas se couvrir si c'est ce qu'elles souhaitent. Le problème dans cette histoire, c'est que les principales concernées n'ont pas la parole, comme d'habitude. Qu'on réduit les musulmanes à des victimes, et personne ne pense à leur demander leur avis. Et alors tout le monde y va de son petit "c'est un abus, une honte, une violence", et tout le monde monte sur le cheval de la laïcité, comme si quelques femmes en burka étaient une menace à la République. Ca me fait doucement rigoler. Des millions de femmes sont victimes de violences conjugales, mais aucun de ces politiciens là ne lève le petit doigt. Oui, le port de la burka est parfois imposé par les maris, les pères. Mais ne devrait-on pas prévenir TOUTES les violences faites aux femmes, plutôt que de se concentrer sur le port de la burka, qui en plus ne concerne qu'un minuscule pourcentage de femmes ? Non, on préfère se focaliser sur un débat qui sent mauvais, parce que connoté de racisme et d'identité "française" qui associe l'islam à la soumission de la femme. Comme si le christianisme était féministe à côté...
C'est peut-être le fait de vivre en Angleterre qui me fait dire ça, et le fait que les femmes en burka ne choquent personne, mais parfois, j'ai envie de dire qu'il faut se détendre un peu avec tout ça les gars. Intéressez-vous vraiment aux femmes qui portent la burka, à celles qui y sont obligées, à celles qui le font volontairement, et revenez nous voir avec des propositions qui n'incluent pas de faire payer des amendes et de forcer les femmes à ne pas la porter, tout comme leurs maris et leurs frères les forcent à la porter.
J'ai envie de parler de ce couple suédois qui élève leur enfant de 2 ans et demi sans identité sexuelle. Ils l'appellent "Pop" et ne se réfèrent pas à Pop par "il" ou "elle", mais simplement par "Pop". J'ai été assez intriguée par cette histoire (envoyée par Iris, merci Iris, tu me connais bien) et assez conquise par l'idée, même si je trouve ça un peu limite de faire des expériences à grande échelle sur son gosse.
Je pense aussi que l'identité de Pop se déterminera forcément à l'école, quand Pop rencontrera des filles et des garçons à l'identité très (trop) définie. Mais en attendant, je trouve ça intéressant. Attention ! Les parents de Pop ne cachent l'identité de leur enfant à l'enfant lui/elle-même, mais aux autres.
Ils lui permettent de s'habiller aussi bien comme une fille ou comme un garçon, et de jouer aussi bien avec des jouets "de garçon" que des jouets "de fille". J'ai toujours pensé que l'identité sexuelle était trop souvent imposée par l'entourage des enfants. "Un garçon ça ne pleure pas". "Une petite fille c'est une princesse délicate qui aime le rose". "Un petit garçon ça doit aimer les camions de pompier". "Une petite fille ça doit jouer à la poupée", etc, etc. Je pense à toutes les personnes qui savent, dès l'enfance, qu'ils ne rentreront dans aucune des boîtes dans lesquelles la société, la famille, veulent les faire entrer. Et je me dis qu'ils auraient bien aimé avoir des parents comme ceux de Pop.
J'imagine avec délectation la tête des grands-parents de Pop, qui ne doivent pas savoir quoi acheter comme jouet ou comme vêtement à Pop à Noël. Ca doit être horriblement frustrant pour eux de ne pas mettre d'étiquette sur Pop.
Je ne dis pas que cette décision n'a pas ses limites. Par exemple, je vois mal comment Pop pourra rester "neutre" dans son identité sexuelle quand Pop ira à l'école, et que tout le monde est soit un garçon, soit une fille, avec tous les stéréotypes que ça engendre.
Mais je n'oublie pas ce que mon ami Nicolas me disait, à propos de sa fille, que malgré tous ses efforts, elle jouait à "faire comme la nounou", c'est-à-dire à passer l'aspirateur et à s'occuper d'enfants. Ce n'est d'ailleurs pas pour autant que l'adorable Lucie ne finira pas chanteuse de heavy metal. Le tout est dans l'équilibre, et dans le fait de permettre à son enfant, quelque soit son sexe, de pouvoir TOUT explorer, y compris ce qui est traditionnellement réservé aux garçons et ce qui est réservé aux filles.
Sur ce, je trouve que j'en ai déjà bien trop écrit, je vais me plonger dans la fin du FORMIDABLE livre Deadwood de Pete Dexter. Et jouer un peu aux Sims 3 un peu avant... On se refait pas...
Donc pendant que Sébastien ira en Suisse faire le zouave dans la montagne, ou dans le Cantal faire le zouave dans la vallée de Mandailles, moi je serai à la maison à crever de chaud (il a fait 22° aujourd'hui, on a cru mourir) et à me tuer au travail. J'exagère ? A peine. A peine !!
Il se passe beaucoup de choses qui me font réfléchir ces derniers temps. La mort de Michael Jackson et le sentiment que les médias en font trop, beaucoup trop, mais me dire aussi que ce n'est pas seulement un homme célèbre qui est mort... Michael Jackson n'était pas une de mes idôles, même si j'aimais énormément certaines de ces chansons et que je l'admirais en tant que danseur. Les gens ne se sont pas attachés à l'artiste qu'il était mais à ce qu'il représentait. A une partie de sa jeunesse, de sa vie. Je n'oublierai jamais les larmes que mon père a versé lorsque George Brassens est mort. Il ne le connaissait pas, pas plus que les gens connaissaient Michael Jackson, mais ses chansons et son oeuvre avaient symbolisé une partie de sa vie d'homme. Et lorsqu'il est mort, c'est comme une page qu'il a fallu tourner.
Je pense que je ressentirai la même chose lorsque Juliette mourra, ou Thom Yorke, ou Tom Waits, ou Nick Cave... Ou même Mylène Farmer tenez. J'ai été longtemps fan de Mylène Farmer, et lorsqu'elle mourra, je sais que je serai beaucoup plus triste que je ne le voudrai. Je ne m'attendais pas à être touchée par la mort de Michael Jackson mais en vérité, je l'ai été, un petit peu. Avant que les journalistes de France Inter me cassent les pieds. C'est dans ces moments-là que je suis contente de ne pas avoir de télé (je me répète encore).
Il y a aussi ce débat, ou cette absence de débat, sur le port de la burka en France. On pourrait croire qu'en tant que féministe, je sois pour l'interdiction de la burka, mais en vérité, j'ai beaucoup plus de retenue que la plupart de ces politiciens qui se prennent pour des défenseurs des droits des femmes. Je n'aime pas l'idée d'obliger les femmes à se couvrir, mais je n'aime guère l'idée de les obliger à ne pas se couvrir si c'est ce qu'elles souhaitent. Le problème dans cette histoire, c'est que les principales concernées n'ont pas la parole, comme d'habitude. Qu'on réduit les musulmanes à des victimes, et personne ne pense à leur demander leur avis. Et alors tout le monde y va de son petit "c'est un abus, une honte, une violence", et tout le monde monte sur le cheval de la laïcité, comme si quelques femmes en burka étaient une menace à la République. Ca me fait doucement rigoler. Des millions de femmes sont victimes de violences conjugales, mais aucun de ces politiciens là ne lève le petit doigt. Oui, le port de la burka est parfois imposé par les maris, les pères. Mais ne devrait-on pas prévenir TOUTES les violences faites aux femmes, plutôt que de se concentrer sur le port de la burka, qui en plus ne concerne qu'un minuscule pourcentage de femmes ? Non, on préfère se focaliser sur un débat qui sent mauvais, parce que connoté de racisme et d'identité "française" qui associe l'islam à la soumission de la femme. Comme si le christianisme était féministe à côté...
C'est peut-être le fait de vivre en Angleterre qui me fait dire ça, et le fait que les femmes en burka ne choquent personne, mais parfois, j'ai envie de dire qu'il faut se détendre un peu avec tout ça les gars. Intéressez-vous vraiment aux femmes qui portent la burka, à celles qui y sont obligées, à celles qui le font volontairement, et revenez nous voir avec des propositions qui n'incluent pas de faire payer des amendes et de forcer les femmes à ne pas la porter, tout comme leurs maris et leurs frères les forcent à la porter.
J'ai envie de parler de ce couple suédois qui élève leur enfant de 2 ans et demi sans identité sexuelle. Ils l'appellent "Pop" et ne se réfèrent pas à Pop par "il" ou "elle", mais simplement par "Pop". J'ai été assez intriguée par cette histoire (envoyée par Iris, merci Iris, tu me connais bien) et assez conquise par l'idée, même si je trouve ça un peu limite de faire des expériences à grande échelle sur son gosse.
Je pense aussi que l'identité de Pop se déterminera forcément à l'école, quand Pop rencontrera des filles et des garçons à l'identité très (trop) définie. Mais en attendant, je trouve ça intéressant. Attention ! Les parents de Pop ne cachent l'identité de leur enfant à l'enfant lui/elle-même, mais aux autres.
Ils lui permettent de s'habiller aussi bien comme une fille ou comme un garçon, et de jouer aussi bien avec des jouets "de garçon" que des jouets "de fille". J'ai toujours pensé que l'identité sexuelle était trop souvent imposée par l'entourage des enfants. "Un garçon ça ne pleure pas". "Une petite fille c'est une princesse délicate qui aime le rose". "Un petit garçon ça doit aimer les camions de pompier". "Une petite fille ça doit jouer à la poupée", etc, etc. Je pense à toutes les personnes qui savent, dès l'enfance, qu'ils ne rentreront dans aucune des boîtes dans lesquelles la société, la famille, veulent les faire entrer. Et je me dis qu'ils auraient bien aimé avoir des parents comme ceux de Pop.
J'imagine avec délectation la tête des grands-parents de Pop, qui ne doivent pas savoir quoi acheter comme jouet ou comme vêtement à Pop à Noël. Ca doit être horriblement frustrant pour eux de ne pas mettre d'étiquette sur Pop.
Je ne dis pas que cette décision n'a pas ses limites. Par exemple, je vois mal comment Pop pourra rester "neutre" dans son identité sexuelle quand Pop ira à l'école, et que tout le monde est soit un garçon, soit une fille, avec tous les stéréotypes que ça engendre.
Mais je n'oublie pas ce que mon ami Nicolas me disait, à propos de sa fille, que malgré tous ses efforts, elle jouait à "faire comme la nounou", c'est-à-dire à passer l'aspirateur et à s'occuper d'enfants. Ce n'est d'ailleurs pas pour autant que l'adorable Lucie ne finira pas chanteuse de heavy metal. Le tout est dans l'équilibre, et dans le fait de permettre à son enfant, quelque soit son sexe, de pouvoir TOUT explorer, y compris ce qui est traditionnellement réservé aux garçons et ce qui est réservé aux filles.
Sur ce, je trouve que j'en ai déjà bien trop écrit, je vais me plonger dans la fin du FORMIDABLE livre Deadwood de Pete Dexter. Et jouer un peu aux Sims 3 un peu avant... On se refait pas...
