Quand je dis que Sébastien part en Antarctique, ce n'est pas pour aller admirer le paysage en buvant du rhum sur un bateau chilien au large. S'il y va, c'est pour faire de l'escalade, de la marche, et surtout, laisser pousser sa barbe (je suis sûre que c'est la vraie raison derrière tout ça). Il part en expédition quoi. Avec ces gens-là.
Quand il m'a présenté la chose, il m'a dit, texto : "tu peux venir si tu veux, ce n'est pas réservé aux gens qui font de l'escalade, il y en a aussi qui y vont pour prendre des photos." J'avoue, pendant quelques secondes, j'ai été tentée. Je me suis vue, fière aventurière, prendre des magnifiques photos d'une région mythique, sur mon bateau, telle une pionnière des années 30. Et puis je suis redescendue sur terre. 15 jours sur un bateau, dans une cabine minuscule, avec des gens que je ne connais pas, à avoir froid en attendant que Sébastien revienne de son aventure, à rêver de pizza et de cosmopolitans, de séries et d'Internet. Non vraiment, l'Antarctique attendra. Je préfère aller faire du shopping à San Francisco, tant pis pour l'aventure.
Il va falloir qu'on déménage rien que pour faire rentrer toutes les affaires que Sébastien accumule depuis qu'il s'est mis à l'alpinisme et à l'escalade. Cette photo ne contient pas les tentes et autres duvets qui s'entassent dans mon bureau :
Je me demande parfois s'il n'a pas un peu perdu la tête, même si je suis admirative de le voir partir ainsi à l'aventure. Admirative, et un peu angoissée aussi. L'année dernière, l'expédition en question est restée coincée une semaine sur la glace parce que les conditions météo empêchaient le bateau de venir la chercher. Je sais quand il part, en gros, mais je ne sais pas quand il revient !

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